Extrait de l’ouvrage de Pascale Arcan « Le Royaume du Levant » © www.editionshelios.com
Ainsi, la Graine de Lumière s’éveilla tout doucement et se mit à penser : « Où suis-je, quelle est cette nouvelle réalité, vais-je me souvenir de Qui je suis ou vais-je oublier encore ma grandeur et ma splendeur éternelle ? »
Embrumé dans ses questions, les jours passèrent et la vie, bien au chaud, se fit douce, car il était si attendu, si désiré, ce nouveau-né, qu’aucune brume ne pouvait détruire ce château rempli de douceur et d’amour…
Puis l’instant advint où ce fut le moment de découvrir les mystères de la Vie, une nouvelle fois, mais depuis combien de fois déjà. Ce fut l’heure de voir le jour, de découvrir cette planète et ce lieu magique où l’enfant devait renaître à lui-même, déjà fier de son savoir et de son bagage. Tout se passa comme prévu, et la naissance eut lieue, avec un cri divin qui mit le souffle de l’éternité dans les petits poumons de l’être découvrant son nouveau monde.
Même si ses yeux restaient souvent clos, il écoutait cette vie et se familiarisait avec des voix, avec des odeurs, avec des moments de caresses comme ceux de la toilette ou encore de bercements, lorsqu’il comprenait qu’il lui suffisait de crier pour avoir à manger, être dorloté ou de nouveau changé. Tout cet univers était inédit, il ne correspondait en rien à ce qu’il avait déjà connu ailleurs. Même cet ailleurs, il l’avait déjà oublié. Plongé au cœur de sa nouvelle expérience, tout un décor se mettait en place et il l’apercevait au fur et à mesure que ses yeux le lui permettaient, entre deux siestes. Ou encore lorsqu’il passait de bras en bras et que les senteurs se différenciaient. Et même la vision des étoiles qui brillaient autour de ces êtres était différente, parfois bien pâles, d’autres fois si scintillantes. Mais aussi, il découvrit l’absence de vie, com-me si l’être était né sans emmener avec lui son bagage de souvenirs et sa re-connaissance.
Lorsqu’il se trouvait tout proche d’un ami si vide de tout, il savait qu’il lui offrait un peu de sa sève et qu’il lui transmettait sa force. Mais elle n’était pas toujours accueillie comme une manne. Elle était parfois rejetée car trop impropre à la vie de ce personnage en douleur. De temps en temps, il distinguait mille joyaux qui virevoltaient autour des êtres aux regards de lumière et, pour lui, c’était comme un retour dans sa maison et dans son espace.
Les années de vie sur la planète Terre, où il avait élu domicile, passèrent très très vite et ce garçon grandit avec timidité, mais aussi avec la conviction profonde qu’il avait dû se tromper de monde et que, ma foi, cette expérience-là n’était pas vraiment à son goût. Cependant, ne pouvant pas faire autrement, il continua à se bagarrer avec ses frères, maudire parfois ses sœurs, et à rechercher des endroits où se cacher, puis faire des cabanes pour s’enfermer chez lui, refusant de temps à autre la compagnie de garçons de son âge, car trop fous, trop agressifs ou méchants. Tout son être tendait maintenant vers les étoiles et il aimait s’immerger dans ce firmament pour se laisser bercer par leurs symphonies, imaginant qu’un vaisseau, rempli de gentils bonhommes, viendrait enfin le récupérer et le sortir de cette mauvaise farce.
Les années ont continué à passer et aujourd’hui encore il regarde le ciel souvent. Il est un peu à part, mais ne se sent pas marginal pour autant, bien qu’il n’ait jamais accepté le fait de vivre sur ce monde, qui n’est pas son monde. Il rêve toujours, et parfois s’enlise dans les artifices que lui procure cette vie, bien fade, bien morne, même inutile.
Alors, j’aimerais lui dire, à cet enfant des étoiles, que la vie n’est pas la Vie, que le passage est pour bientôt et que la fin de cette expérience se doit d’être un feu d’artifice en son honneur. Ce couloir, dans ce chas de l’aiguille, ou par le trou de la serrure, est la dernière étape qui reste à accomplir. Mais il a et aura toujours le choix, celui de garder aux pieds ses bottes crottées de boue ou de chausser ses nuages roses. Il aura toujours le choix de rester triste et grave ou de lever enfin les yeux, non pas vers les étoiles, mais vers Sa grandeur. Celle-ci ne désire plus se complaire dans une plainte sans fin qui repousse quiconque voudrait s’associer à sa vie, et qui détruit sans cesse une parcelle du merveilleux qui dort en lui. Le moment est venu de faire des choix. Mais pas à la force du poignet, pas en y mettant un dernier coup de pioche. Ces choix sont réalisables avec la belle partie de son être qui n’a jamais souffert de quoi que ce soit, et qui a grandi en lui, comme une fée douce et belle et qui n’a jamais cessé de l’aimer.
Cette fée de l’Amour le regarde avec tendresse, compassion, et a attendu ce jour, celui du réveil, avec une immense tendresse. Elle s’est laissée emporter par les tourments et les violences parfois. Elle a goûté à tous les interdits de cette planète et a aussi désiré tous les moments de beauté et de douceur qu’elle a vu passer près d’elle. Cette fée s’est réveillée en toi, cher Ami, et elle te demande de la regarder avec tes yeux, ceux qui voient au-delà du firmament, plus loin encore que cet univers qui sait avouer que l’infini est merveilleux et bon. Cette dame ailée est venue te dire combien elle t’aime et combien elle a attendu le moment de ton éclosion avec tendresse. Elle sait que tu peux encore choisir la souffrance et non pas la merveille. Elle sait que tu peux décider de finir cette expérience dans les bas-fonds de ton cœur meurtri. Elle sait aussi que tu peux étendre ton bras et balayer d’un coup la table que tu as dressée entre elle et toi, et qui n’offre aucun mets succulent, juste de fausses douceurs, amères et si destructrices.
Cette fée va attendre ton bon vouloir, ton bon pouvoir et elle va t’aider de son silence et de son respect. Elle te connaît de toute éternité et voyage avec toi si souvent. Tu es son chevalier de noce des étoiles, tu es son partenaire de jeux multiples et tu es le bout de sa Vie tant éparpillée et mille fois recommencée, dans un temps qui n’existe qu’ici, et dans une éternité sans début ni fin.
Que vas-tu choisir, Ange humain ? Que vas-tu mettre sur ta table, comme nourriture exquise à partager ? Que vas-tu offrir à ta grandeur comme découvertes à expérimenter ? Ce n’est pas parce que tu as choisi un rôle, à un moment donné, que tu ne peux pas en changer en cours de chemin. Tu as tous les droits et tu as aussi tous les devoirs. Ceux qui vont embrasser le nouveau Toi et ceux qui peuvent anéantir le véritable Toi. Tout ceci peut paraître difficile, ou même insoluble, quand tes bottes sont encore dans la boue de tes larmes d’enfant, d’adolescent et d’adulte. Mais aucune larme ne peut cacher la beauté que tu es et la grandeur que tu portes en toi. Même si tu te trouves insignifiant ou stupide, tu n’en restes pas moins Dieu, le Tout, la majesté suprême qui gouverne chaque élément et qui fait, de par sa Présence, que la Création joue à merveille.
Vois-tu comme tu es beau et comme tu es grand ? Ressens-tu comme la fée qui est en toi, t’attend depuis l’éternité de ce temps terrestre ? Comprends-tu que les artifices ne sont que des leurres qui ferment tes yeux à l’éclat, à la réalité de ta grandeur ?
Je pense qu’il te faudra juste quelques secondes pour comprendre que je parle de toi, l’Ami, et pour reconnaître qui je suis, grâce à cette lueur que j’ai vu briller dans tes yeux, le jour où je t’ai rencontré. Je crois que tu sais tout ce dont tu as besoin et qu’il te reste à choisir entre le noir et le blanc, entre la lumière et l’ombre, la joie ou le manque, la beauté ou la laideur, l’humour ou la rancœur. Et la liste peut être si longue lorsque l’on oublie combien nous sommes tous indispensables, même si identiques, comme chaque grain de sable sur la plage de notre histoire.
Il est l’heure du réveil pour tous. Il est temps de se frotter les yeux et de se dire : « Bien, que vais-je expérimenter en cette fin de cycle ? Que vais-je vivre selon Ma volonté ? Que vais-je construire ou réparer pour que cela Me ressemble enfin ? » Tout ceci appartient à chacun et le réveil peut être vécu comme une grande souffrance, mais rien ne sera jamais « raté ». Tout a toujours été parfait dans la perfection de ce que nous sommes, et tout restera ainsi afin que chacun puisse vivre son élévation dans des habits tous différents. Mais il est vrai, qu’à un moment donné, il sera possible de modifier le costume et de mettre un peu de dorure ou encore des lucioles pour s’habiller d’étoiles et les côtoyer de bien plus près. Fuir serait choisir l’option de regretter un jour. Se réjouir de tout serait l’option d’être heureux de rien. Que choisis-tu, que choisissez-vous ?
Il est l’heure de se poser les bonnes questions, c’est-à-dire de trouver l’endroit qui va accueillir votre beauté et peut-être déménager de votre lieu de vie. Il est temps de choisir vos compagnons de route et peut-être d’en changer. Il est l’heure de modifier tout ce qui ne vous convient plus dans votre expérience actuelle, pour ne garder que ce qui va passer la barrière de l’illusion pour se retrouver dans la nouvelle réalité. Il est temps de bouleverser l’ordre établi et de mettre à la place votre volonté, votre savoir, votre énergie nouvelle, et surtout, tout votre amour. Celui que vous avez gardé en réserve sans le savoir, celui que vous avez caché au fond de votre cœur pour vous en servir un jour. Il est temps enfin de vous aimer à en perdre la raison et de vous voir infini, sans limite aucune.
Laissez s’amuser encore ceux qui aiment cette farce plus que tout au monde. Laissez ceux qui se complaisent dans les doutes, les affirmations, les mensonges, les calomnies. Ils n’ont pas trouvé encore le chemin et peut-être qu’ils ne voudront jamais l’emprunter. Car tous savent, dans leur majesté, le rôle qu’ils sont en train de jouer. Mais lorsque vous aurez ouvert les vannes de l’amour, chacun se retrouvera dans l’autre monde, l’autre réalité, et tous vous reconstruirez ce destin, ce lieu, cette nouvelle expérience, ce nouveau terrain de jeu avec de nouvelles données. Il n’est pas utile, pour cela, de quitter votre corps, de quitter ce lieu de vie, juste de vous souvenir de Qui vous êtes pour vous appliquer à vous distraire différemment, avec des idées neuves.
Ce futur, vous l’avez au bout de vos doigts, il est donc très proche. Mais il restera invisible à votre regard tant que vous en aurez peur. Il se dissimulera aux yeux des plus farouches, à ceux qui continueront à prier, à ceux qui ne se croient capables de rien, à ceux qui préfèrent la couleur sombre aux frivolités lumineuses. Ce futur qui n’a de nom que dans notre vocabulaire et qui rit déjà de vous, car dans votre présent de chaque jour. Il est de toute éternité et s’appelle peut-être encore « potentiel ». Il attend juste que vous lui portiez attention pour se manifester enfin. Puis, chaque personnage, dans son individualité, voudra créer son futur, et chacun aura raison du choix qu’il fera. Car, tous, dans votre multitude, vous avez la possibilité de rester unique et merveilleux dans vos rôles respectifs.
C’est ainsi que se construiront les nouvelles cités, riches de vos grandeurs et repeintes de votre amour. C’est alors que l’on trouvera d’autres façons de faire pour que les échanges entre individus se multiplient et que la fausse monnaie devienne une main d’amour tendue en retour. C’est alors que refleuriront vos jardins avec ce que vous aurez envie d’y semer. Qu’ils soient intérieurs ou autour de vos demeures. C’est alors que chaque être trouvera sa place dans un monde sans maladie, sans manque, sans heurt, sans contrainte, sans peur, sans faux-semblant. C’est ainsi que, tout doucement, les perles de vos réalités construiront un nouvel Eden, une nouvelle terre. Peut-être sur le lieu même où vous vous trouvez, ou alors tout près de celui-ci qui se situe juste en parallèle. Tous les possibles vont s’offrir à vous si vous désirez les voir. Puisque personne ne sera obligé de quoi que ce soit, et personne ne pourra dicter le chemin de qui que ce soit. C’est dans le profond respect de chacun que s’équilibrera chaque être, chaque forme, chaque espace, chaque mouvement de vie. Et c’est dans l’amour que tout se construira sans fin.
Car il n’y a aucune limite, uniquement celles auxquelles l’on croit et qui pourraient nous asservir à une vie qui ne nous convient plus. Il n’y aucun personnage qui puisse venir à bout de notre joie, de notre félicité si nous ne lui ouvrons plus notre porte. Et nous avons tous le droit de faire ces choix. Celui de ne garder à côté de nous que le meilleur, que ce qui nous fait plaisir, que ce qui nous donne de la joie. Il est temps de faire la place au beau que nous avons toujours désiré, au merveilleux qui s’est installé sur le devant de notre porte. Il est temps de nous voir immenses et infinis. Et que chacun qui se souvient où il a caché sa baguette magique, se lève, et montre aux autres comment s’en servir. Mais, si l’enseignement est trop compliqué, laissez choir de suite ce nouveau professeur. Tout ne doit être que jeu et lutinerie. Et, si un jour, vous vous surprenez à pleurer d’ennui et à trouver que cette route est bien trop longue, prenez le temps de vous retourner et de regarder en arrière. Surprenez-vous de vous voir autant grandis, puis soyez très fiers de vous. Immensément fiers de vous être aimés comme des fous, radieusement heureux de vous être réveillés à Vous et joyeux à l’infini de rentrer à la Maison de Qui vous êtes, de toute Vie.
Je salue en vous votre bravoure et je salue tous ceux qui ont encore peur de ce lendemain, qui pourrait bien déjà être hier, n’est-ce pas ?
Je vous remercie de m’avoir suivie dans ce dédale de découvertes, pour certains, et de retrouvailles pour d’autres. Je vous remercie de m’avoir accueillie dans vos bras, dans vos maisons, sur votre cœur, dans le creux de votre main. Je suis la fée bleue et je vous aime de toute mon âme divine et de toutes mes profondeurs obscures. Je suis joyeuse d’avoir joué avec vous et j’aimerais que l’on se donne rendez-vous ailleurs, pour recommencer encore à croire que nous sommes perdus dans l’Infini qui nous regarde en souriant !
Ainsi, à bientôt, sur notre nuage de l’Amour, pour rire de nous et nous trouver merveilleusement beaux !
Extrait de l’ouvrage de Pascale Arcan « Le Royaume du Levant » © www.editionshelios.com
Proposé par l'auteur et publié par la LaPresseGalactique.com
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samedi 11 février 2012
L’éclosion
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